Samedi 4 juillet 2009 6 04 /07 /2009 22:38
Cliquez sur link

Les Juifs et l’esclavage des Noirs : Acte 1

La Vérité

Les Juifs et l’esclavage des Noirs : Acte 1

 

La « vraie » vérité sur l’Esclavage : l’implication des Juifs. Message d’Alert2neg adressé à Elkabbach et cie

Bonjour,

Votre méconnaissance, c’est certainement le cas, vous pousse à émettre des contre-vérités sur certains faits relatifs au commerce négrier. Vous ne l’ignorez pas, la Traite et l’esclavage constituent un crime contre l’humanité cf loi Taubira 21 Mai 2001, c’est pourquoi il convient de ne pas entretenir des distorsions, comme nous l’avons constaté dans vos émissions Europe 1 et rendez vous médicis sur publicsénat. Aussi, nous vous invitons à compléter les connaissances de l’historien O.P.G, qui n’a pas compris que son rôle n’était pas de dédouaner telle partie en chargeant une autre mais de témoigner de la vérité historique.

Nous espérons vous rencontrer dès que possible afin de mener ensemble l’entreprise de démystification de la figure caricaturale du Roi Nègre ayant vendu les siens.

Cordialement

Alert2neg alert2neg@hotmail.com

JPEG - 54.4 ko
Vente d’esclaves

Cette semaine, dans un encart intitulé «  La vérité sur l’esclavage  », Le Nouvel Observateur nous déforme l’histoire et la remodèle dans le sens des « Lobbies qui n’existent pas », probablement pour s’attirer les bonnes grâces publicitaires de ses sponsors... Les marchands juifs participent-ils à la traite atlantique ? Faux. Et la meilleure preuve qu’il s’agit là d’une élucubration sans réalité historique figure dans le Code noir, promulgué en 1685 par Louis XIV. Le premier article de ce texte qui réglemente l’esclavage aux Antilles, en Guyane et en Louisiane exclut formellement les juifs des territoires concernés : « Enjoignons à tous nos officiers de chasser hors de nos îles tous les juifs qui y ont établi leur résidence, auxquels, comme ennemis déclarés du nom chrétien, nous commandons d’en sortir dans trois mois, à compter du jour de la publication des présentes, à peine de confiscation de corps et de biens. » A La Rochelle, Nantes et Bordeaux, de grandes familles protestantes ont en revanche prospéré grâce au commerce triangulaire.

15ème - 19ème siècle

Qui sont les négriers qui amènent les esclaves noirs en Amérique du 15ème au 19ème siècle ?

L’information ci-dessous se trouve documentée dans les 4 volumes de Elizabeth Donnan. Ils peuvent être trouvés à la Librairie Nationale de Washington [1] et à la Librairie de l’Institut Technologique de Carnegie à Pittsburg [2]

JPEG - 46.9 ko
Bateau de négriers

Nom du navire - Propriétaires

Abigail - Aaron Lopez, Moses Levy et Jacob Franks

Crown - Isaac Levy and Natham Simpson

Nassau - Moses Levy

Four Sisters - Moses Levy

Anne and Eliza - Justus Bosch et John Adams

Prudent Betty - Henry Cruger et Jacob Phoenix

Hester - Mordecai et Davdi Gomez

Elizabeth - Mordecai et Davdi Gomez

Antigua - Natham Marston et Abram Lyell

Betsy - William De Woolf

Polly - James De Woolf

White Horse - Jan de Sweevts

Expedition - John et Jacob Roosevelt

Charlotte - Moses et Sam Levy ; Jacob Franks

Caracoa - Moses et Sam Levy

Les marchands d’esclaves et l’Holocauste « négrier »

1- Les oubliés de l’histoire

Les Noirs sont toujours les oubliés de l’histoire, car personne ne s’intéresse à eux. Normal, ils ne possèdent pas encore de « lobbies qui n’existent pas », suffisamment puissants pour négocier directement de leurs réparations légitimes auprès des Etats concernés.

Alors que l’« industrie mémorielle » se rappelle à nos bons souvenirs quasiment tous les jours de l’année 2005, jour du 60ème anniversaire de la chute du régime nazi, qui coïncide parfaitement avec les 6 branches de l’étoile de David et le chiffre des « 6 millions » de « victimes », personne ne se rappelle des Noirs qui sont bien plus nombreux à disparaître de l’esclavagisme qui dure plusieurs siècles .

Deux poids, deux mesures, selon que vous êtes puissant et que vous avez le contrôle des médias et des institutions financières ou que vous êtes un « Nègre » misérable auquel on vous refuse - tel l’humoriste Dieudonné -, de faire un film sur le Code Noir [j’emploie d’autant plus volontiers ce terme qu’étant né au Sénégal - j’y compte encore de très nombreux amis d’enfance et qu’une partie de mon cœur y est resté -, ce mot me permettant de réveiller les consciences endormies et d’insister sur ce vocable insultant qu’emploie les Nazis et certains colonisateurs].

A ce sujet, l’association « Euro-Minorités » que je préside, étudie actuellement les aspects juridiques avec différents avocats pour voir comment il est possible d’obtenir une réparation, symbolique et morale - car il est hors de question de s’abaisser au même niveau que d’autres, qui font payer en argent sonnant et trébuchant le nombre des cadavres -, pour cet infâme épisode de notre histoire.

JPEG - 7.5 ko
Torture et mise à mort

2- Les « Négriers »

Les « Négriers » sont étroitement liés à l’un des plus grands génocides de l’humanité qui concerne l’esclavagisme : le génocide des Noirs.

Tout comme il est vain de faire un décompte morbide de la seconde guerre mondiale, il est tout aussi inutile d’en faire un en ce qui concerne le nombre de victimes de ce tragique épisode, laissons les morts reposer en paix et ne les tuons pas une seconde fois.

Un certain nombre de marchands participent directement à toutes les étapes de ce génocide : dans le choix des « produits », le transport dans leurs « galères » spécialement aménagées et qui n’ont rien à envier aux camps de concentration nazis [...], la gestions des « marchés aux enchères » de leurs « produits », ainsi qu’à leur achat pour l’utilisation à des fins personnelles.

Des recherches entreprises par un certain nombre d’historiens de confession juive prouvent aujourd’hui que ces « négociants » sont impliqués de manière totalement disproportionnée - compte tenu de l’importance de leur groupe ethnique -, par rapport aux autres groupes qui en font également commerce. L’immense fortune de ces marchands, ainsi que ceux qui font de l’esclavagisme leur commerce, est obtenue par la « traite des Noirs », du fait de leur couleur de peau, ce qui est aujourd’hui considéré comme un acte violemment raciste.

On peut se poser en effet la question « pourquoi les Noirs » ?

La raison en est fort simple. Au début de l’invasion de l’Amérique du Sud, les Indiens sont initialement pris comme esclaves. Mais ils se rebellent, ce qui évidemment pas bon pour les affaires, et meurent lorsqu’ils sont détenus, hors de leur environnement.

C’est alors que les commerçants, jamais à court d’inspiration, voient dans les Noirs d’Afrique un excellent « produit », docile et robuste [les théories de Darwin s’appliquent durant le transport et il ne reste que les meilleur à l’arrivée...].

2.1- Retour Historique

Mais on retrouve des traces de l’esclavagisme par les « Négriers » juifs qui en sont les précurseurs, déjà à la fin du 6ème siècle. Lady Magnus écrit qu’au Moyen-âge, les principaux acheteurs d’esclaves se trouvent parmi les Juifs. Elle écrit « A l’époque du pape Grégoire le Grand, [590-604], les Juifs deviennent les plus grands négociants dans ce genre de trafic » [3].

L’auteur juif (et sioniste) Julius Brutzkus indique « déjà au 10ème siècle, les Juifs possèdent des mines de sel à Nuremberg. Ils font du négoce d’armes et exploitent les trésors des églises. Mais leur grande spécialité est... l’esclavagisme ».

L’encyclopédie juive indique « les premiers Juifs que rencontrent les Polonais sont certainement des négociants, probablement des marchands d’esclaves, appelés au 12ème siècle les Holekhei Rusyah Voyageurs vers la Russie ».

Enfin, Israël Abrahams note qu’au 12ème siècle « les Juifs espagnols [Marranes] doivent leur fortune au négoce d’esclaves ».

Mais Henry L. Feingold note qu’en 1460, lorsque les Juifs deviennent les Maîtres des sciences nautiques au Portugal, l’Etat ibérique importe entre 700 et 800 esclaves par an [4].

Le succès de ces marchands médiévaux est accru par leurs talents linguistiques. Ils parlent l’arabe, le persan, le romain, le français, l’espagnol et le slave. Par ailleurs, ils possèdent une vue des affaires toujours en avance sur leur époque qu’il faut leur reconnaître..

Marcus Arkin, l’auteur des Aspects de l’économique historique juive - Aspects of Jewish Economic History [5], nous révèle que les négociants juifs, dans certaines pays européens « ont un monopole du commerce international  », tant et si bien que les termes « Juif » et « marchand » apparaissent comme des synonymes dans les documents carolingiens, ce que confirme également Lady Magnus dans son livre, p. 152.

2.2- Christophe Colomb ouvre la voie

Le 2 août 1492, plus de 300.000 Juifs sont expulsés d’Espagne, mettant également fin à leurs cinq siècles d’implication dans l’esclavagisme dans cette région . En fait, les documents historiques prouvent que certains d’entre eux amassent des fortunes considérables avec des esclaves chrétiens et occupent des postes de premier plan dans la hiérarchie espagnole.

Les circonstances économiques les réunifient au sein d’une coalition de ravisseurs d’esclaves. Peu de temps après l’expulsion des Juifs d’Espagne, Christophe Colomb, dont le nom est en réalité Cristobol Colon, embarque un groupe de réfugiés juifs avec lui vers le nouveau monde [6]. Dans son journal, Colomb lui-même attire l’attention sur la coïncidence de ce premier voyage avec l’expulsion des Juifs d’Espagne dans le passage suivant : « Après avoir expulsé les Juifs de son Empire, son Altesse, le même mois de janvier m’ordonne de voguer vers les dits territoires des Indes ».

La reine Isabelle signe le décret quasiment le même jour que Colomb commence son voyage. George Cohen, parmi les nombreux historiens juifs, précise que de nombreux Juifs fortunés financent l’expédition de Colomb. L’histoire des bijoux d’Isabelle n’est fondée sur aucun fait, mais relève plus du mythe destiné à glorifier la reine.

Trois marranes participent financièrement à cette aventure :

- Luis de Santagel (ou Santangelo) [le premier décret royal pour exporter du grain et des chevaux vers l’Amérique est accordé à Luis de Santangel qui est reconnu comme étant le fondateur des plus grandes industries américaines [7]. L’historien Kohler, dans son livre « Colomb », p. 159, nous cite une anecdote croustillante : « c’est un fait historique qu’un jour Ferdinand V, souhaitant de l’argent, s’arrête à la maison de Santangelo à Calatayud, pour y obtenir une somme considérable ». « A cette époque, ni Ferdinand, ni Isabelle, n’ont à leur disposition suffisamment d’argent pour armer une flotte » (p. 75).

- Gabriel Sanchez, également cité par Kohler dans son livre ci-dessus, p. 160, nous indique « c’est un négociant aisé ».

- Le trésorier royal et son assistant Juan Cabrero influencent la reine Isabelle pour les aider à financer le voyage de Colomb. Cabrero et Santangel investissent 17.000 Ducats [soit certainement plus que 150.000 Euros de nos jours]. De même u’Alfonso de la Caballeria et Diego de Deza fournissent également des fonds. Abraham Ben Samuel Zacuto fournit, quant à lui, les équipements d’astronomie et de navigation et Isaac Abravanel l’assiste. Six Juifs en vue accompagnent Colomb dans son périple , parmi lesquels on retrouve : Mastre Bernal, un scientifique ; Marco, a chirurgien ; Roderigo Sanchez, un inspecteur ; Luis de Torres, un interprète ; et Alfonso de la Calle comme marin. Torres s’installe à Cuba et il devient celui qui introduit le tabac en Europe, exporté de ses vastes plantations.

La relation entre les Juifs et la découverte de l’Amérique n’est pas une coïncidence fortuite. L’expédition de 1492 n’est que le résultat d’une entreprise essentiellement juive ou marrane.

2.3- Colomb est-il un marchand d’esclaves ?

Sir Arthur Helps écrit que dans ses lettres, Colomb parle « de ses habitudes de pratiquer la traite d’esclaves ». En 1498, ses cinq navires ramènent 600 Indiens en Espagne comme esclaves. 200 sont donnés aux capitaines des navires et 400 sont vendus. Colomb emploie également la main-d’œuvre des esclaves avant même de s’embarquer vers le nouveau monde.

Il participe à la création d’une colonie à San Jorge El Mina, située au Ghana, en Afrique de l’ouest. Au nouveau monde, Colomb force les Indiens en esclavage pour trouver de l’or qui est son objectif.

Il n’en ramène que l’équivalent de 6 millions d’Euros en 20 ans, au prix de la vie d’un million et demi d’Indiens, soit très exactement 4 Euros par vie humaine ! Que Christophe Colomb soit Juif ou pas, comme le proclame de nombreux historiens juifs, il n’en demeure pas moins que ses expéditions sont financées par des investisseurs juifs. Les joyaux de la reine Isabelle ne sont qu’un mythe, mais les Marranes sont bien réels !

JPEG - 16.4 ko
Torture

3- L’esclavagisme des colonies d’Amérique du Sud et des Caraïbes

Les négociants d’esclaves juifs fournissent des Noirs par dizaines de milliers vers les plantations d’Amérique du sud et des Caraïbes. On ne retrouve plus aujourd’hui de trace écrite de protestation contre ce comportement. C’est alors une affaire purement commerciale dans laquelle la religion n’intervient nullement.

Daniel M. Swetschinski estime que la part des négociants juifs dans les affaires internationales est alors disproportionnée. Ils représentent 75% des affaires mercantiles alors qu’ils ne constituent que 10% de la population. Cette domination du marché des esclaves les met en position d’équilibre avec les autres communautés. Les planteurs de sucre au Brésil utilisent abondamment cette main d’œuvre d’esclaves d’Indiens et de Noirs, fournie par les négociants juifs. Dans les années 1600, les plantations qui constituent la majeure partie du réservoir d’esclaves avec quasiment 10.000 Africains et l’exportation du sucre raffiné est dans les mains des négociants juifs.

La compagnie hollandaise d’Inde de l’ouest est créée en 1621 dans le seul but de gagner de l’argent. Les Juifs investissent massivement dans l’entreprise qui se destine à toute forme de commerce, y compris l’esclavagisme. Les dirigeants hollandais, en faisant la promotion du développement économique, encouragent ainsi les Juifs à émigrer [très astucieux...] et la Hollande devient très rapidement le centre du pouvoir et de la fortune juive.

Marcus Arkin écrit « depuis le développement des industries dans lesquels les Juifs investissent : tailleurs de diamants, sucre, soie, textiles, le mélange du tabac, denrées alimentaires,...) sont dépendantes des colonies, il n’est nullement surprenant que de retrouver les Juifs d’Amsterdam concernés par le commerce vers l’Asie et le nouveau monde.

Au 18ème siècle, environ un quart des participations dans les compagnies internationales hollandaises sont détenues par des Juifs et son déclin amène ensuite la ruine de la plupart des familles aisées ».

Le chercheur juif Arnold Wiznitzer est beaucoup plus explicite concernant l’implication des Juifs au Brésil  : « A part leur position importante dans l’industrie sucrière, ils dominent le négoce des esclaves . De 1636 à 1645, un total de 23.163 Nègres [dans le texte] arrivent d’Afrique et sont vendus pour 6.714.423 Florins [soit environ 290 Florins par individu, tel est le prix de la vie humaine d’un Noir à l’époque...], Les acheteurs, lors des ventes aux enchères étaient tous Juifs et du fait de ce manque de compétition dans le négoce d’esclaves, ils étaient achetés à vil prix. Par ailleurs, il n’existait pas non plus de compétition pour l’achat des esclaves qui étaient payés à crédit jusqu’à la prochaine saison de vente du sucre. Si les enchères avaient lieu un jour de fête juive, elles étaient automatiquement reportées. ».

Moshe Kahan déclare sans ménagements qu’en 1653-1658, « les négociants Juifs-Marranes possédaient le contrôle du commerce espagnol et portugais , donc détenaient quasiment le contrôle du commerce levantin...avaient d’importantes sommes d’argent à leur disposition ».

Seymour B. Liebman dans le New World Jewry (Nouveau Monde Juif), indique clairement que « les navires n’appartiennent pas seulement aux Juifs, mais sont commandés par des capitaines juifs avec des équipages composés de Juifs ».

JPEG - 10 ko
Torture

4- L’esclavagisme aux Etats-Unis

L’esclavagisme aux États-Unis commence avec la conquête du nouveau monde.

Les navires effectuent alors un triangle entre l’Europe, l’Afrique et les Amériques. Ils vendent des produits manufacturés en Afrique, prennent des esclaves à destination du Brésil, des Caraïbes ou des Etats-Unis et reviennent en Europe avec du sucre et d’autres matières premières.

C’est l’art de l’optimisation des investissements dans lequel on peut rendre hommage au génie créatif en affaires des Juifs. Durant quasiment 4 siècles des millions d’Africains sont « exportés » vers les Amériques. Durant le 18ème siècle, les Juifs participent activement dans le négoce d’esclaves. Certains Juifs contrôlent même les marchés où sont fixés les prix, telle une denrée !

Mais on assiste également à des histoires émouvantes de romantisme. C’est ainsi que Aaron Levy, le fondateur de Aaronsburg en Pennsylvanie, achète Rachel, une esclave noire, dans le milieu des années 1780 et l’emmène à Philadelphie. Il la libère, l’éduque et l’épouse. Elle repose désormais dans le cimetière Mikve Israël, à proximité de la tombe de Hayim Salomon, le financier de la Révolution américaine (cf 1776).

En 1793, Eli Whitney invente le fil à coton et c’est l’envol des plantations de cette matière première consommatrice de main d’œuvre, plus particulièrement d’esclaves bon marché qui fait exploser le marché. L’un des nombreuses études effectuées par Ira Rosenwaike, publiée par l’American Jewish Historical Society (Société d’histoire juive américaine), montre que 75% des Juifs du sud des Etats-Unis possèdent des esclaves noirs [avant l’élection de Lincoln], alors que seuls 36% des Blancs en ont.

Le Rabbin Isaac Meyer Wise , l’un des champions de la réforme libérale juive et le plus actif de tous les Rabbins aux Etats-Unis au 19ème siècle, soutient activement l’esclavagisme des Noirs, appelle Abraham Lincoln un « imbécile » et argumente que les Noirs sont des « bêtes accablantes » [Rappelons que Lincoln est l’un des rares présidents américains qui n’est pas élu avec les voix des Juifs, car il s’oppose à l’esclavagisme et lorsqu’il est élu en 1860, il l’abolit immédiatement, ce qui déclenche la guerre de sécession].

En 1896, un éditorial dans le Jewish South de Richmond, en Virginie, argumente que les « Nègres [dans le texte] sont intellectuellement,moralement et physiquement une race inférieure - un fait que personne ne peut dénier » et, lors de la mort du sénateur [Juif] du Maryland, Isador Rayner, un journaliste noir écrit que Rayner « évoque auprès de ses voisins de couleur les terreurs des pogroms ». Lorsque le B’nai B’rith et l’ADL (Ligue anti-diffamation) - organisme contrôlé par les « lobbies qui n’existent pas », l’équivalent de la LICRA (Ligue Internationale contre le racisme et l’antisémitisme) en France - publient leur pamphlet, en 1976, intitulé « Les Juifs américains : leur histoire », sur les 13 pionniers juifs américains, 10 d’entre eux sont liés au négoce de l’esclavagisme ... [comme quoi, plus vous êtes esclavagiste, raciste et antisémite et mieux il est préférable d’adhérer à ce genre d’organisation pour vous donner bonne conscience...]

Du reste, les quotidiens suivants : The San Francisco Chronicle, The San Francisco Examiner, The Los Angeles Times et d’autres encore, révèlent depuis de nombreuses années qu’aux Etats-Unis, l’ADL pratique l’espionnage et constitue des dossiers sur 950 organisations et 10.000 individus dont la plupart sont des groupes de Noirs, y compris la célèbre NAACP (National Association for the Advancement of Coloured People ou Association nationale pour l’avancement des personnes de couleur), fondée en 1909 par des groupes de militants multiraciaux.

Le Général israélien Moshe Dayan ne dit-il, voici quelques années, pas que les forces militaires américaines se dégradent parce qu’elles sont composées de Noirs « avec peu d’intelligence et aucune éducation ». Il insiste alors pour que les Etats-Unis recrutent « du sang neuf et de meilleurs cerveaux ». Il est considéré comme un héros dans son pays ! Lorsqu’on leur relate ces faits, certains contradicteurs argumentent sur des points qui prêtent volontiers à sourire.

JPEG - 49.6 ko
Liquidation pendant le voyage

En voici deux :

- le premier, que les négociants juifs sont contraints par les Chrétiens de devenir des marchands d’esclaves et effectuer le « sale boulot » pour leur compte ;

- le second, que sans ces marchands, le nombre de victimes, en particulier de la faim, serait encore plus catastrophique !

J’en oublie un dernier, qui correspond à celui qu’ils utilisent en dernier ressort, lorsqu’ils ne trouvent plus d’arguments solides : c’est faire preuve d’antisémitisme que de relater ces faits, car ils ne sont pas représentatifs de la religion juive [nous sommes bien d’accord sur ce point, il ne faut pas généraliser] et ils ne sont pas les seuls à faire ce genre de commerce [nous sommes également bien d’accord sur ce point aussi, ce qui n’exonèrent pas les autres !]. Il n’en demeure pas moins que le mot magique « antisémitisme » est lâché, celui qui fait taire tous les journalistes et ramènent dans le rang de la « pensée unique » tous les Présidents et membres des gouvernements.

Est-ce de la diffamation que de dénoncer ce génocide afin qu’il ne se renouvelle plus ?Non ! C’est une définition

INFOS RELAYEES PAR ETILE René-Louis

 

Les Juifs et l’esclavage des Noirs : Rien ne sert de mentir : Acte 2

Le cas très accablant des Marchands juifs de Curaçao.

Les Juifs et l’esclavage des Noirs : Rien ne sert de mentir : Acte 2

 

Pourquoi cherchez à nier l’évidence lorsque l’humilité aurait suffit ? Pourquoi vouloir nier un passé lorsque la documentation historique est fournie ? Pourquoi et encore pourquoi s’acharner lorsque les faits sont là !

A tous, pour information, des :

- dates,
- noms,
- des lieux,
- bilans financiers d’activités !

L’oeil d’Horus frappe !

Les Juifs ont joué un rôle très important dans la colonisation de Curaçao.

L’expédition hollandaise qui s’empara de l’île en 1634 avait pour interprète un juif, Samuel Cohen. Il avait déjà participé avec Loncq à la prise de Pernambouc.

On le nomma dans l’administration de l’île où il devait s’occuper des soixante-dix Amérindiens qui y demeuraient. N’ayant pas trouvé d’or dans l’îie, il repartit pour Amsterdam avant l’arrivée, en 1642, du Directeur Général Peter Stuyvesant. Il y avait déjà dans l’île à cette époque des Juifs et quelques marranes qui avaient des liens avec des coreligionnaires demeurant à Caracas et à Maracaibo. Certains de ces marranes quittèrent Curaçao pour s’établir sur la Terre Ferme voisine ou même en Nouvelle Espagne, comme ce Juan de Araujo qui fut plus tard persécuté par l’Inquisition.

L’instauration en 1547 de l’Inquisition au Portugal où vivaient encore 120.000 marranes, visait principalement à les faire partir pour l’Italie, la Turquie, les Flandres et les Provinces-Unies. La Compagnie des Indes Occidentales (W.I.c.), dès le début, voulut faire de Curaçao le centre de son réseau de traite négrière aux Caraïbes. Les Directeurs créèrent un marché d’esclaves qui, après des débuts difficiles en 1638-1641, prit un essor considérable à partir de 1643-1648. Mais une telle décision exigeait que l’île fût peuplée et colonisée. La W.I.C. lança un avis d’appel d’offre pour recruter des colons. Le premier à répondre fut un commerçant juif né au Portugal en 1609, Jeudah de Yllan.

Il avait un oncle qui résidait au Brésil. Il proposa de créer une colonie juive à Curaçao. La Compagnie accepta son offre et passa avec lui un contrat en mars 1651. Il s’engageait à faire passer à Curaçao une cinquantaine de colons. Abraham Drago, un ancien du Brésil, l’accompagnait avec à son service un ladino, Juan Pinto, originaire de l’Angola. Yllan arriva à Curaçao avec un groupe d’une douzaine de colons en 1651. D’autres groupes juifs partirent des Provinces-Unies pour se rendre à New Amsterdam, au Brésil, aux Guyanes, à Tobago ou à la Barbade.

A Curaçao, la colonie juive se heurta au Vice-directeur Lucas Rodenburch qui ne fit rien pour les aider. Par ailleurs, les autorités locales leur interdisaient d’acheter des esclaves pour le travail des plantations. Les premiers à partir furent les juifs allemands (les "tudescos"). L’un d’eux fut capturé par des Anglais et échangé contre rançon payée par la communauté juive de Hambourg. Yllan s’accrocha malgré les difficultés et étendit ses activités commerciales jusqu’à Bonaire en 1668. Il offrit à la W.I.e. de lui fournir 1.500 à 2.000 captifs africains tirés de la région de Calabary (Golfe de Guinée).

Un autre juif, David (Cohen) Nassi, lui aussi un ancien du Brésil, obtint de la W.I.e. un contrat le 22 février 1652, identique à celui de Yllan. Il devait réunir une cinquantaine de colons qui devaient se consacrer à l’agriculture et à l’élevage dans l’île. La Compagnie se réservait le monopole de l’exploitation des salines et du bois de campêche. En retour, les colons recevaient des terres le long de la côte, ils étaient exemptés d’impôt pendant dix ans. Ils avaient le droit de capturer et de livrer à la W.I.C. des navires portugais sous certaines conditions. Cette clause laisse entrevoir que les marchands juifs possédaient à cette époque des bâtiments qu’ils pouvaient armer en course. Rodenburch devait les aider et les défendre. Mais ils avaient la possibilité d’emporter des armes. En revanche, ils ne pouvaient pas obliger les chrétiens à travailler le dimanche et ne devaient pas les molester dans la pratique de leur foi.

Qu’est-ce qui empêcha Nassi de réussir ? Une première explication :

- la guerre entre l’Angleterre et les Provinces-Unies en 1652-1654. On ignore d’ailleurs si Nassi lui-même se rendit à Curaçao. Il était à Amsterdam en 1656 et proposa à la W.I.C. en 1657 de fonder une colonie à Essequibo. Il signa en 1659 une convention pour la colonisation de Cayenne. Le problème du peuplement de Curaçao n’étant toujours pas résolu, il fallut prendre d’autres décisions. C’est ce que firent les Etats de Hollande et de Frise Occidentale qui voulurent encourager les départs par des offres alléchantes.

La possibilité de commercer fut étendue aux autres îles des CaraIbes. D’autres mesures furent prises et annoncées le 17 décembre 1652. Malgré cet appel, peu de juifs d’Amsterdam se montrèrent intéressés. L’abandon du Brésil en 1654 favorisa la constitution d’une colonie juive à Curaçao. Il incomba à Isaac da Costa la charge de fonder la première communauté juive. Après vingt-quatre ans d’occupation hollandaise au Brésil, près de 600 juifs partirent, la plupart pour Amsterdam. Des réfugiés juifs partirent du Brésil pour échapper à l’hostilitédéclarée de Stuyvesant.

- D’autres réfugiés juifs se rendirent à Londres, à la Barbade, en Martinique et à Essequibo. Certains réfugiés se décidèrent à partir pour la Barbade où les attirait l’industrie sucrière. La W.I.e. prit alors des mesures pratiques. Un accord intervint le 31 mars 1659, liant la Compagnie à un groupe de soixante-dix juifs conduits par Isaac da Costa, un ancien marchand de Recife.

- Ils reçurent une assistance financière de la communauté juive portugaise en 1659-1660. La W.r.e. accorda à Da Costa et à son groupe des privilèges plus étendus que ceux donnés à Yllan et à Nassi. On promettait aux juifs l’aide de l’administration locale. On leur permettait surtout d’acheter des captifs africains par le biais des asientos et de construire des maisons. Ils avaient la liberté religieuse. De telles facilités n’avaient pas été accordées antérieurement aux autres colons.

Par ailleurs, il y avait à Curaçao un nouveau Directeur, Matthias Beck, qui avait passé plusieurs années au Brésil. Il connaissait Da Costa et certains de ses amis. Il avait reçu des ordres pour leur procurer des terres, des esclaves et des chevaux. Les débuts du groupe de colons se firent donc sous les meilleurs auspices dans l’île où ils arrivèrent en 1659. Ils fondèrent la Congrégation Mikve Israel (Espoir d’Israel). Des réglementations ou hascamoth furent progressivement élaborées et édictées en 1670-1671 puis ratifiées le 6 octobre 1688 pour régir la communauté. A partir de 1660, le courant migratoire d’Amsterdam à Curaçao se fit plus régulier.

La communauté s’agrandit et bénéficia de l’apport de juifs ashkenazim et sefardim.

En 1674, la communauté eut son premier hahamf [1] Josiau Pardo, arrivé d’Amsterdam dont il était originaire. Curaçao possédait alors une petite société coloniale turbulente. En 1673, le Directeur Dirk Otternick accusait le Révérend Philippus Speght de se livrer à la prostitution, de vendre du vin, de la bière, des alcools, bien qu’il touchât huit cents florins de salaire annuel. La conduite d’une jeune marrane,Esther Israel, qui s’était mariée à un juif et qui voulait divorcer, lui valut les foudres des autorités. Pour sa défense, elle affirma n’être pas juive. Les parnassim s’en référèrent à Amsterdam en avril 1674 pour trouver une solution.

Mais elle quitta la colonie pour se rendre en Europe. Pardo fonda dans l’île le Yeshibah Es Haim qui s’appela plus tard Es Haim ve Ohel Yahacob (Arbre de Vie et Tente’ de Jacob).

Cette "académie" encore en vigueur en 1829, fut érigée avec les fonds d’un certain Jacob dont on ignore le nom. Durant son rabbinat, Pardo prit une part active à la construction de deux synagogues. L’une fut établie dans la capitale Willemstad et l’autre à l’extérieur.

En 1679-1682, plusieurs plantations appartenaient à des juifs.

Pardo servit pendant neuf ans la congrégation Mikve Israel. On ignore la raison de son départ en 1683 pour la JamaYque où il occupa une charge de rabbin. On soupçonne des mésententes entre parnassim en 1683, sous la présidence de Eliau Namias de Crasto. La communauté des juifs de Curaçao était plus importante numériquement et plus ancienne que celle de la JamaYque. Au début de la colonisation, les colons juifs établirent des échanges commerciaux avec leurs coréligionnaires de New Amsterdam, de Barbade et de Guyane.

Ils exportaient vers 1652-1656 des chevaux, du bois de qualité et ils importaient des marchandises de consommation courante. L’activité économique s’élargit considérablement avec l’arrivée des colons en 1659-1660. La W.I.c. leur vendit des chevaux, du bétail, du bois et des esclaves.

Les Juifs devinrent les fournisseurs attitrés des autorités locales. Ils importaient des comestibles, des livres, des matériaux de construction. Ils recevaient du matériel d’équipement de bateaux, des armes et des munitions.

Ils approvisionnaient la garnison et la main d’oeuvre servile en comestibles. La majorité de ces importations étaient destinées au commerce qu’ils faisaieht dans les îles et sur la Terre Ferme espagnole. Ils obtenaient enretour des denrées tropicales : tabac, indigo, gingembre, citrons, vanille, cochenille, peaux, coton, café, sucre, argent, or, cacao et des matières premières (bois, fer, cuivre).

Les marchands juifs de Curaçao avaient un remarquable réseau de relations qui recouvrait les Caraïbes et l’Europe. Ce réseau avait pour centre Amsterdam. Un exemple entre mille : le testament de David Bernai rédigé à Curaçao en 1716 nommait pour légataire sa soeur Ana, mariée, vivant à Bayonne, ses frères Manuel et Isaac à Amsterdam, son frère Juan à Londres et son beau-frère Francisco Nunez de BernaI Miranda qui résidait à Bahia (Brésil) (23). Un ensemble familial qui se manifestait donc comme un vaste entrelacement de partenaires commerciaux. Ils réussirent en outre à réduire les coûts de transport de leurs marchandises. Ils avaient aussi l’avantage sur les autres marchands, protestants, de connaître l’espagnol et le portugais. Ce qui facilita leurs relations avec les possessions espagnoles et portugaises.

L’essor économique de Curaçao, au début du XVIIIe siècle, attira l’attention des Britanniques. Il existait un trafic clandestin entre Curaçao, Saint-Thomas et les territoires anglais et français. Mais le marché principal des juifs de Curaçao était la Terre Ferme.

Les administrateurs espagnols devinrent leurs clients réguliers. Ils leur fournissaient à l’occasion des armes et des munitions. Ainsi ils vendirent au gouverneur de Cartagena en 1697 des armes pour une valeur de 5.000 pesos.

Quoique monopole de la W.r.e., la traite se développa de manière spectaculaire à partir de I67il. Les juifs qui avaient pratiqué ce trafic au Brésil continuèrent à s’en occuper une fois de retour aux Pays-Bas.

- En 1673, un certain N. Deliaan voulut vendre cinq cents captifs africains à la W.r.e..

- Un certain Jan de Lion (Joao de Y Han) proposa en 1675 à la Compagnie un gros lot de 1.500 à 2.000 captifs.

A leur arrivée dans l’île, les colons de 1659 reçurent des esclaves. Jusqu’en I674, ils ne purent acheter à la Compagnie que des "macarons" (captifs affaiblis ou en mauvaise santé).

Après cette date, ils eurent l’autorisation d’acquérir des captifs sains pour leur service et pour le commerce d’exportation.

A cette époque, "un juif espagnol, cultivé et raffiné, de haute lignée religieuse ou royale n’avait pas le moindre scrupule à pratiquer la traite négrière" (24).

- Un exemple à citer : D. Manuel Belmonte - connu sous le nom d’Isaac Nunez - ambassadeur extraordinaire des Provinces-Unies en Espagne en 1685.

Il représenta les juifs avec Moseh Curiel auprès de l’Etat de Hollande. Il constitua avec Jean Cooymans, un ex-sheriff d’Amsterdam, une association qui eut pour objectif d’envoyer des nègres à Curaçao.

Ce gentilhomme de "haute lignée" avait commencé, en 1676, par avoir une activité de négrier. Un an plus tard, avec l’Espagnol De Lira, il tenta de s’entendre avec, la W J.c. pour l’envoi de captifs africains à Curaçao.

L’association contacta le Directeur Willem Kerckrinck de Curaçao pour l’envoi de trois chargements de captifs. Belmonte réussit à placer un de ses amis, Francisco Lopez Henriquez, près de Kerckrinck comme assistant en 1687. Il devait vérifier les livres de comptes et profiter de sa connaissance de l’espagnol pour stimuler le commerce avec la Terre Ferme.

Parmi les autres coréligionnaires engagés dans la traite négrière figurent Manuel de Pina (Jahacob Naar), Manuel Alvares Correa et surtout Philippe Henriquez et son frère David Senior.

Philippe Henriquez (Jacob Senior), né à Amsterdam vers 1660, fut le seul juif à recevoir une concession de l’Amirauté de Hollande.

Elle l’autorisa à se rendre en Afrique et à transporter à Curaçao des captifs sur son navire "De Vrijheid" [2] Il avait mis vingt-mille florins pour garantir cette entreprise en 1692. Il débarqua à Curaçao en 1699 avec ses frères David, Salomon et Isaac.

Ses parents et lui devinrent les favoris des Directeurs successifs, Jan Doncker en 1692-1696, Jeremias van Collen en 1710. Il occupa le poste de directeur de l’asiento de Curaçao pour la Royal African Company qui était la plus puissante entreprise de traite négrière. Avec l’aide de son frère David Senior et de son associé Johan Goeduriend, il envoyait des nègres captifs dans plusieurs territoires des Caraïbes et particulièrement à Cartagena où résidait le Directeur général de la Royal African Company. Quant à Henriquez, il obtint du Directeur l’autorisation, le 30 janvier 1701, d’envoyer un bateau de Curaçao prendre des captifs en Afrique.

Dans son rapport, le directeur signala 205 morts au retour sur les 664 Africains embarqués. A leur arrivée à Curaçao, ces captifs passaient devant une commission qui les examinait et les répartissait pour les vendre selon leur âge et leurs possibilités physiques. Jacob Calvo d’Andrade fit partie d’une de ces commissions de 1701 à sa mort en 1705. Les rapports de la W.LC. et des juifs concernant la traite négrière se resserrèrent de 1686 à 1710. Après cette période, la traite négrière déclina régulièrement.

La Compagnie que représentait Philippe Henriquez arrêta ses opérations commerciales vers 1722, peu après sa mort en 1718. En 1730, tout résident de Curaçao pouvait importer des captifs africains après avoir payé une taxe par tête de 4 pesos. On a vu que vers 1651-1652, les juifs naviguaient déjà sur leurs propres navires.

Chaque marchand, en moyenne, possédait son "magasin flottant". A la fin du XVIIe siècle, les corsaires français harcelèrent tous les bâtiments dans la Méditerranée des Cara’ïbes. En 1697, une flotte de vingt navires anglais se joignit à Curaçao à quatre bâtiments hollandais pour se lancer à la poursuite de vingt-six navires français. Les frères Henriquez-Senior perdirent entre 1703 et 1704 quatre navires qui furent capturés par des corsaires anglais avec leurs cargaisons d’une valeur de 68.715 pesos.

Sur leur plainte, les Etats Généraux décidèrent de convoyer les navires marchands partant de Hollande par deux vaisseaux de ligne de cinquante canons. Ils votèrent en 1708 la somme de 200.000 florins pour assurer ce convoi. Plusieurs marchands de Curaçao obtinrent l’autorisation de la W.l.C. d’armer deux corsaires pour se défendre contre les Français et les Espagnols. Le développement économique de l’île attirait en effet les forbans. Une de leurs activités préférées consistait à faire des prisonniers et à exiger des rançons. Benjamin Carvalho, marchand de l’île, s’était établi en Jamaïque. un corsaire espagnol le captura avec sa famille tandis qu’il revenait à Curaçao, sur son propre navire .chargé de marchandises. Il voulut les conduire à La Havane. Carvalho réussit à le convaincre de se rendre à Curaçao où on lui paierait une rançon.

Le corsaire accepta et jeta l’ancre à Caracas Bay le 19 août 1683. Il réclamait 20.000 pesos. Malgréles hésitations du Directeur Jan van Erpelum, les tractations se firent et les juifs de l’île réussirent à ne payer que 3.500 pesos.

Philippe Henriquez, de nationalité hollandaise, fut un exemple d’audace et d’impertinence. Il connaissait tous les grands de la région : le gouverneur de Cartagena, un ex-inquisiteur général, et même l’évêque de Santa Marta. Il séjourna pendant trois mois à Cartagena en 1698. De retour dans cette place le 10 juin 1699, avec un chargement de Il5 captifs, il fut saisi et emprisonné dans la forteresse de la ville pendant soixante-treize jours.

Il fut sauvé de justesse par le Directeur général de la Royal African Company, D. Gaspar de Andrade, qui paya sa caution. Henriquez mourut bon catholique en 17I8 à La Havane. D’autres marchands juifs n’eurent pas sa chance.

Ainsi Jeudah Cohen, de Curaçao, trouva la mort à Puerto Rico en 1723. La majorité du commerce et de la navigation qui se faisaient de 1721 à 1727 à Curaçao était aux mains de marchands juifs.

Ils équipèrent des corsaires pour se défendre. Cette prospérité n’alla pas sans susciter des jalousies. Le frère du Directeur, Balthazar Beck, était depuis 1668 commissaire aux esclaves. Il était de par sa fonction la quatr ième personnalité dans la hiérarchie de l’île. Il occupait la fonction de capitaine de la Garde Civile. Il était en outre membre du Conseil et donc juge. Ce qui ne l’empêchait pas de commercer comme les autres marchands.

Il fit emprisonner à ce titre pendant un an un planteur, Moseh Henriquez Cotinho, arrivé des Provinces-Unies à Curaçao en 1679, après un détour par la Jama"îque. Son père, qui résidait à Amsterdam, obtint des Directeurs de la Compagnie (les Henren X) qu’ils intervinssent pour le faire relâcher. Après sa libération, il partit pour Suriname où il laissa à sa mort en 1723 une très riche plantation. En 1675, la W.r.c. qui venait d’être réorganisée l’année précédente, modifia la taxation des marchandises. Dorénavant, tous les produits et bestiaux supportaient une taxe de 10 %. Les colons insulaires refusèrent de payer. Le Directeur Van Liebergen, reçut l’ordre, en 1680, de la percevoir. Beck, lui-même planteur, organisa en mars 1681 avec quelques marchands un mouvement de contestation.

Les marchands juifs, pour des raisons diverses, ne voulurent pas le suivre. L’hostilité de Beck à leur égard s’en trouva renforcée. Mais Beck fut cassé de sa charge de capitaine et condamné pour son comportement séditieux. Le Directeur Jan Doncker 0673-1679) résilia son poste pour se consacrer entièrement à ses affaires. Il s’associa plus tard avec le marchand juif David Senior. Balthazar Beck, le beaufrère de Doncker, voulut prendre sa place mais la Compagnie nomma àce poste Nicolas Van Liebergen. Beck et sa coterie l’attaquèrent violemment et tentèrent par tous les moyens de le renverser. Malgré l’intervention des parnassim (conseillers, administrateurs de la communauté juive) en sa faveur auprès de la Compagnie (8 avril 1681), Liebergen finit par être destitué en 1683. Notons que ces querelles byzantines peuvent éclairer en partie les raisons du départ du haham Pardo en juin 1683.

 

Les Juifs et l’esclavage des Noirs : Rien ne sert de mentir : Acte 2

Le cas très accablant des Marchands juifs de Curaçao.

Les Juifs et l’esclavage des Noirs : Rien ne sert de mentir : Acte 2

 

Malgré ces problèmes, la communauté juive se développa de 1683 à 1694. Elle reçut un apport des îles françaises (Guadeloupe et Martinique) d’où les juifs avaient été expulsés en septembre 1683.

D’autres migrants arrivèrent d’Amsterdam. En 1690, une grande maison servit de synagogue et on fit venir d’Amsterdam un Rouleau de la Loi. Après onze ans d’efforts, la communauté eut enfin son rabbin, Eliau Lopez. Il avait déjàservi à la Barbade en 1678 comme haham de la congrégation Nidhe Israel.

Une terrible épidémie incita en 1693 certains juifs à partir et às’établir à New Port et à Tucatas (Vénézuéla). Mais ces départs n’empêchèrent pas la communauté de s’accroître au point qu’en 1703, une synagogue fut édifiée. Sous l’administration du Directeur Jacob Beck (17041709), un créole planteur - il avait épousé la veuve de Willem Kerckrinck - de nombreux juifs s’établirent à Curaçao.

Son successeur ,Abraham Beck accueillit en 17lO plusieurs familles expulsées de Barbade.

La société coloniale comptait alors quatre cent vingt-cinq familles blanches et 3.500 esclaves, non compris ceux que possédait la Compagnie. La guerre qui éclata entre la France et les Provinces-Unies gêna considérablement le commerce.

Le corsaire français Jacques Cassard (1679-1740), après avoir ravagé Suriname et rançonné la colonie (800.000 florins), se rendit à Saint-Eustache où il n’obtint que 3.000 pesos. On savait à Curaçao qu’il s’apprêtait à venir. Les Français avaient déjà tenté deux fois de s’emparer de l’île, en 1673 et en 1678. Cassard débarqua ses hommes le 16 février 1113 dans l’île. Que pouvait espérer la garnison de 800 hommes contre les deux à trois mille flibustiers ?

Les Français lancèrent II5 bombes sur la ville de Willemstad, qui causèrent une grande panique dans la population. Voyant sa milice si restreinte, le Directeur Jeremias van Collen demanda des volontaires. Mais la confusion, les désertions, les abandons de postes profitèrent aux Français qui imposèrent leur nombre. Des négociations s’engagèrent. Cassard exigea une rançon de 400.000 pesos. Après des tractations, la rançon fut réduite à II5.000 pesos mais on la lui paya en marchandises, en esclaves et en argent. Cassard reçut 90 esclaves nègres valant 120 pesos chacun, soit 10 % de la rançon totale. Il préféra avoir des denrées rares, en particulier des épices. Il leva le siège le 22 mars 1713.

Il Y avait alors dans l’île 320 familles blanches et 140 familles juives. Les juifs constituèrent des "mutuelles" ("hermandades").

Les marchands juifs à cette époque, étaient devenus les principaux fournisseurs de l’île. Ils approvisionnaient les colons en vivres pour leurs esclaves, en armes, en munitions. En 1714, Van Collen dut acheter 2.000 boisseaux de blé pour enrayer une famine persistante. Le marchand Philippe Henriquez envoya un de ses bateaux sur la côte de Terre Ferme et rapporta 500 boisseaux.

Les négociants juifs de Curaçao prirent une part importante dans le commerce de cacao. En 1722, malgré l’opposition du gouverneur de Caracas, en moins de trois mois, 150.000 livres de cacao furent livrées à Curaçao. Ils achetèrent de l’indigo clandestinement à des colons des îles françaises. En 1722, les marchands des possessions espagnoles devaient 400.000 rijksdaalers, soit un million de florins, à des marchands de Curaçao. La majorité d’entre eux, des juifs, fréquentaient les ports du continent espagnol avec leurs navires et vendaient leurs marchandises à crédit.

Ils attendaient pour être payés la récolte de cacao, indigo, sucre, café. Un ambassadeur espagnol écrivait à Madrid qu’on trouvait à Amsterdam des produits des possessions espagnoles qui coûtaient moins qu’en Espagne.

Après la mort, le 22 juillet 1713, de Haham Lopez, Raphael Jesurun lui succéda. Il était né à Hambourg en 1678 mais avait fait ses études à Amsterdam. Il arriva avec sa femme et ses enfants en mars 1717. De nombreux marranes partirent d’Espagne ou du Portugal au début du XVIIIe siècle. Ils allèrent très nombreux à Amsterdam mais certains se rendirent directement à Curaçao.

L’un d’eux, Fray Joseph Diaz Pimienta, officiait à Marconado près de Rio Hacha en 1714. De parents juifs, il voulut le redevenir en 1715. Il étudia les textes, se fit circoncire. Il s’engagea dans les affaires commerciales avec un Anglais. Il tomba aux mains des Amérindiens puis de l’Inquisition. Pour s’en sortir, il simula la folie. Les autorités espagnoles l’envoyèrent en Espagne où on l’étrangla et le brûla. Beaucoup de marranes arrivèrent dans l’île dans la misère au cours de la décennie 1725-1735. Le dernier réfugié marrane du Portugal, un certain J. Fonseca, arriva avec ses trois enfants en 1822.

- Cet accroissement de la population incita la communauté à construire une autre synagogue en 1732, à la place de celle érigée en 1703.

- La croissance de la colonie s’accentua entre 1726 et 1745. Sous l’administration du Directeur Jan Noach du Fay 0721-1730), on tenta de régler la question des esclaves fugitifs avec les autorités de Coro. Le successeur de Du Fay fut un commissaire aux esclaves - en poste dans l’île depuis 1720 - Juan Pedro Van Collen 0730-1738)

Les Juifs et l’esclavage des Noirs : Rien ne sert de mentir : Acte 2

Le cas très accablant des Marchands juifs de Curaçao.

Les Juifs et l’esclavage des Noirs : Rien ne sert de mentir : Acte 2

 

Conseiller, négociant également, il fit régner sur l’île un régime autoritaire avec son âme damnée, Jacob de Petersen. Il y eut de nombreux navires capturés par des forbans ou par des ennemis.

Alors que les juifs étaient en majorité marchands et marins, les protestants étaient planteurs ou employés de la Compagnie. En 1734, se développa une assurance maritime.

On comptait trente-neuf juifs parmi les quarante-quatre assureurs dans l’île.

Un mémoire sur l’état de Curaçao en 1747 dû au secrétaire de la Direction J.c. Van Laar, témoignait du considérable développement de l’île à cette époque. Il y avait :

- 70.000 habitants
- 7.000 chrétiens,
- 10.000 juifs,
- 5.700 nègres libres,
- 3.000 étrangers,
- 44.000 esclaves
- 300 Amérindiens.

Après un long déclin, l’île n’atteindra cette population de 70.000 habitants qu’en 1942.

Mais il y avait alors seulement 700 juifs. Après cet apogée, en effet, le déclin de l’île se manifesta sur plusieurs plans. Une grave disette dévasta Curaçao de 1746 à 1749. Mais c’est surtout sur mer que la situation empira. La France envahit les Provinces Unies en 1747. Les marchands subirent le contre-coup de cette guerre aux Caraïbes. Les navires français et anglais capturèrent de nombreux bâtiments de Curaçao avec leur chargement.

Il y eut un important soulèvement d’esclaves en juillet 1750. La répression fut dure, trente-six rebelles furent exécutés. Neuf appartenaient à des propriétaires juifs.

Parallèlement à l’accroissement de la population, blanche et esclave, on comptait dans l’île de nombreux enfants naturels "mulâtres".

Comme le reconnaît le Directeur Jean Isaac Claris Rodier de la Bruguière qui vécut trente-quatre ans à Curaçao : "Là où il y a des colons et des esclaves, il est impossible d’adhérer à la moralité européenne du mariage. Les colons vivent en concubinage avec leurs esclaves...

Nous devons tolérer cette situation dans nos propres maisons si nous désirons être servis par des esclaves. Si nous ne désirons pas cela, il serait nécessaire que les ministres de la religion soient les premiers à balayer devant leur maison" (25).

Plusieurs familles blanches de l’île eurent donc des parents de" couleur ".Des familles protestantes s’adressèrent à la Hollande et.à la Frise occidentale pour que fussent interdits les mariages entre blancs et nègres libres. En 1752, une pétition circula parmi les protestants pour l’annulation de tels mariages. La communauté juive ne reconnaissant pas de "personnes de couleur comme membres" (26), le problème ne se posa pas pour elle au niveau du mariage. En revanche, il est certain que les juifs engendrèrent de nombreux enfants "mulâtres" qui eux, posèrent des problèmes à la communauté.

Comme en témoigne la pétition envoyée à Amsterdam évoquant la conduite d’une "mulâtresse", Juana Maria Levy, signée par quarante-cinq coréligionnaires (12 juin 1769) (27).

Une société de commerce et de navigation créée en mars 1737 arma quatre navires pour la protection du trafic maritime. C’est ainsi qu’on parvint à se débarrasser de plusieurs forbans français et espagnols. Sous l’autorité du Directeur Jan Gales 0738-1740) qui fut révoqué puis d’Isaac Faesch (1740-1758), l’activité commerciale ne se relâcha pas.

Après la convention passée entre quarante-cinq assureurs en 1734, une société fut fondée en 1759.

Cette société d’assurance maritime avait un capital de 200.000 pesos divisé en 355 parts. Le taux des assurances était calculé en fonction du nombre d’hommes d’équipage et de la destination dunavire.Acette époque, les négociants et armateurs juifs constituaient l’écrasante majorité de ces organisations : quar nte assureurs juifs sur quarante-cinq. Leurs .navires fréquentaient les escales des Caraïbes et des Etats-Unis : La Guaira, Coro, Chicherobiche (sur la côte du Vénézuéla), Puerto Bello, Cartagena, Maracaibo, Rio Hacha, Santa Marta, Cumana,Margarita, Santo Domingo, Puerto Rico, les îles françaises et danoises, la Jamaïque,Barbade,Trinidad,LaHavane,la Vera Cruz, la Nouvelle-Orléans, New Port et Providence, Charleston et New York.

Plusieurs marchands de Curaçao quittèrent l’île et allèrent s’établir dans les îles et les colonies danoises, anglaises, françaises et espagnoles. Le commerce de l’île s’en trouva diminué. Plusieurs marchands juifs partirent pour New York. Depuis le XVIIe siècle, les relations commerciales entre l’île et la Nouvelle-Angleterre n’avaient jamais cessé. On importait à Curaçao de la farine, du pain, du beurre, du lard, de la viande "casher", des chandelles et du bois de construction.

Malgré les interdictions espagnoles, il se faisait une contrebande très active sur la côte de Terre Ferme. On y échangeait du cacao contre de l’argent et de la poudre d’or. Les planteurs créoles des possessions espagnoles avaient mis au point un étrange manège avec les marchands de Curaçao. Ils organisèrent à partir de 1735 des simulacres de combats en mer.

 

Les Juifs et l’esclavage des Noirs : Rien ne sert de mentir : Acte 2

Le cas très accablant des Marchands juifs de Curaçao.

Les Juifs et l’esclavage des Noirs : Rien ne sert de mentir : Acte 2

 

Des "pirates" de Curaçao "s’emparaient" du cacao des créoles vénézuéliens après l’avoir payé en bons doublons d’or ou en marchandises manufacturées. De telles batailles navales se poursuivirent jusqu’en 1766 malgré les protestations véhémentes des ambassadeurs espagnols à La Haye. L’un d’eux se plaignit en 1741 que le cacao de Caracas arrivant à Curaçao coûtait moins cher en Hollande qu’en Espagne. Il y avait de véritables pirates, parfois espagnols, qui capturaient les navires hollandais. Marchands et sociétaires pressaient les administrateurs d’armer un vaisseau et de l’envoyer combattre les forbans.

Quelques marchands juifs placèrent sur leurs navires des canons. Mais l’Espagne accrut la mise en constituant la Compania Real de Guipuscoa en 1728. Elle envoya des vaisseaux de ligne sur les routes maritimes les plus fréquentées pour attaquer ses rivaux. Ce fut une des raisons de la guerre qui l’opposa à l’Angleterre en octobre 1737. Les navires hollandais, malgré la neutralité des Pays-Bas, subirent de nombreuses attaques des belligérants.

Les Anglais surtout voulurent profiter de la circonstance pour capturer des navires hollandais et affaiblir la flotte commerciale des Provinces-Unies. La contrebande prit un essor considérable. Les marchands de Curaçao vendirent beaucoup d’armes et de munitions.

Mais les pertes augmentèrent. Huit navires furent capturés en 1740 par les Anglais, soit une valeur de 33.528 pesos. En 1741, ils perdirent pour 15.000 pesos. En 1744, les pertes atteignirent 600.000 florins. lis subirent aussi des pertes considérables pendant la Guerre de Sept Ans (1756-1763). Sur la recommandation de la communauté d’Amsterdam en 1742, les parnassim de Curaçao invitèrent Samuel Mendes de Sola à assister Haham Jesurun. 11 arriva avec sa famille le 7 décembre 1744 et trouva une communauté juive comprenant 270 familles environ.

Mikve Israel passait alors pour être la "mère" de toutes les autres communautés des Cara’jbes. Après le décès de Haham Jesurun le 28 septembre 1748, De Sola devint haham. Plusieurs incidents l’opposèrent à d’autres juifs. Des troubles se produisirent également dans la société, plusieurs crimes furent commis par des esclaves en 1746 et par des blancs en 1749.

Il Y avait 280 familles juives en 1749. A Saint-Eustache, les pertes des marchands s’élevèrent à plus d’un million de florins en 1758.

Pendant la Guerre de Sept Ans, les Provinces-Unies perdirent plus de douze millions de guilders en bateaux et en chargements venant de Curaçao et de Saint-Eustache ou s’y rendant.

Les négociants réclamaient avec insistance aux Etats Généraux des convois pour la protection de leurs navires. Les Provinces-Unies voulaient éviter des conflits armés avec les Anglais. Les Etats Généraux invoquaient alors le manque d’argent. On constitua cependant des convois en 1746, 1748, 1753, 1759, 1760, 1766 et 1782. Le système défensif de Curaçao laissait fortement à désirer. Déjà en 1635, les autorités hollandaises et frisonnes avaient accordéune somme de 142.000 florins pour fortifier l’île. La Compagnie (W.I.c.) associa les habitants à son effort d’entretenir les fortifications et d’en construire d’autres.

Le fort Beckenburg fut érigé à Caracasbaai en 1703. Comme partout dans les colonies, les colons acceptèrent mal l’utilisation de leurs esclaves pour les travaux de fortification. Un débat les opposa pour savoir s’il fallait démolir des murailles pour agrandir la ville en 1747. En attendant, corsaires et forbans venaient les affronter impunément, se moquant des fortifications réduites de l’île. On les voyait s’avancer jusque sur le littoral de Curaçao, d’Aruba et de Bonaire. Les Directeurs Jan Rodier et son successeur Jacob van Bosveld ne parvinrent pas à résoudre ce problème de défense. Cette absence de protection provoqua la ruine de plusieurs familles entre 1735 et 1765.

- Investigation M Lara, relais JP Omotunde.

 

Les Juifs et l’esclavage des Noirs : Acte 3

Piankhy s’insurge contre la désinformation paternaliste du CRIF

Les Juifs et l’esclavage des Noirs : Acte 3

 

Assurément, le paternalisme à l’égard des Noirs trouvera toujours de nouveaux adeptes dans ce pays. C’est définitivement une posture d’avenir.

Voici donc un conseil religieux communautaire qui désire réécrire l’histoire des Noirs tout en interdisant à ces mêmes Noirs d’évoquer la leur sous menace d’accusation d’antisémitisme.

Mais à force de prendre les Noirs pour des imbéciles, des grands enfants et de croire que les problèmes que le CRIF a avec quelques uns d’entre eux lui permet de dire n’importe quoi sur leur histoire, l’ on va finir par voir des gens, non-concernés par ces faux-débats jusqu’ici, venir se jeter dans la bataille face aux énormités proférées.

Il y a un an, le CRIF triomphait suite à un dossier du Nouvel Observateur titré « la vérité sur l’esclavage » et envoyait ce communiqué que l’on peut lire sur son site ( les mots en gras sont présentés ainsi dans le document d’origine ) :

« Dossier spécial sur l’esclavage 04/03/05 : Histoire Dans un dossier spécial sur l’esclavage, le Nouvel Observateur explique ce qu’a été la traite des Noirs.

Le magazine revient notamment sur le Code noir, dont le premier article stipule que les marchands juifs ne participaient pas à la traite atlantique puisqu’ils étaient exclu des îles : « Enjoignons à tous nos officiers de chasser hors de nos îles tous les juifs qui y ont établi leur résidence, auxquels, comme ennemis déclarés du nom chrétien, nous commandons d’en sortir dans trois mois, à compter du jour de la publication des présentes, à peine de confiscation de corps et de biens. »

Ainsi donc, le CRIF se permet d’affirmer des choses aussi péremptoirement sur la base d’un article du seul Code noir. Alain Finkielkraut avait déjà utilisé cette argutie dans son émission du dimanche sur RCJ. En réalité, cet article ne dit absolument pas ce que le CRIF prétend et comprend : l’article exige l’expulsion des Juifs des colonies françaises, ce qui présuppose donc qu’ils y sont. S’ils y sont, est-ce en tant qu’esclaves ? Bien sûr que non mais le fait de dénoncer l’antisémitisme ne justifie pas que l’on dise n’importe quoi et que l’on alimente l’idée que tous ceux qui ne sont pas d’accord avec le discours du CRIF sont des antisémites.

L’article exige l’expulsion des Juifs des colonies françaises, ce qui présuppose donc qu’ils y sont. S’ils y sont, est-ce en tant qu’esclaves ? Bien sûr que non !

Éric Zemmour, Alain Finkielkraut, Élisabeth Lévy, qui se fichent de l’histoire des Noirs comme de leurs premières chemises, se répandent depuis des mois en calomniant les Noirs à quasiment chacune de leur sortie, tout cela pour relativiser cette chose qui n’est qu’une petite chose propre à toutes les civilisations disent-ils. Ils martèlent leurs « vérités » et accusent les Noirs d’être les inventeurs de la traite des Noirs. Mais personne n’est là pour les contredire et eux ne sont pas racistes mais juste des gens courageux.

Dans ce sens, le dossier du Nouvel Observateur - qui est pris par le CRIF en référence - ne relève que de la manipulation. Reprenons le passage de Laurent Lemire :

- "Les marchands juifs participent-ils à la traite atlantique ?

Faux. Et la meilleure preuve qu’il s’agit là d’une élucubration sans réalité historique figure dans le Code noir, promulgué en 1685 par Louis XIV. Le premier article de ce texte qui réglemente l’esclavage aux Antilles, en Guyane et en Louisiane exclut formellement les juifs des territoires concernés : ’’ Enjoignons à tous nos officiers de chasser hors de nos îles tous les juifs qui y ont établi leur résidence, auxquels, comme ennemis déclarés du nom chrétien, nous commandons d’en sortir dans trois mois, à compter du jour de la publication des présentes, à peine de confiscation de corps et de biens.’’ A La Rochelle, Nantes et Bordeaux, de grandes familles protestantes ont en revanche prospéré grâce au commerce triangulaire"

Nous revoici donc avec l’alibi du Code noir instrumenté à des fins de disculpation. C’est écrit dedans, donc c’est bien la preuve qu’il n’y a pas de Juifs impliqués dans ce commerce et ceux qui affirment le contraire ne sont que des rejetons d’ Adolf Farrakhan - à moins que ce ne soit de Louis Hitler. Mais qu’est-ce que des Juifs font dans ces îles et pourquoi le Code noir veut-il les en chasser ?

Une tribune de Libération ( février 2005 ) de Maistre, Mendès-France et Taube répond à cette question : «  Il existe un moyen très simple de clouer le bec à tous les Dieudonné qui essaient de mettre en concurrence les porteurs de mémoires des génocides et autres crimes contre l’humanité. Il suffit de relire l’article 1 du code noir par lequel, en 1685, Louis XIV instaura l’esclavage dans le royaume de France [...] L’acte même de fondation de l’esclavage intégra donc les juifs dans la communauté des exclus. Ce texte nous apprend ce que savent la majorité des juifs : les victimes des horreurs criminelles de l’Occident furent, sont et seront toujours solidaires par respect mutuel entre elles. »

Le Code noir n’est pas l’ « acte de fondation de l’esclavage » mais l’acte codifiant officiellement le statut des esclaves. L’esclavage existait avant le Code noir. Nous tournons donc en rond et l’on pourrait continuer ainsi pendant longtemps. Nous allons pourtant voir ci-après les véritables raisons de l’évocation des Juifs dans le Code noir.

Tout commence en 1533, au Brésil, avec l’or blanc : le sucre. Les Portugais du Brésil maîtrisent parfaitement la fabrication de cette substance et ont une industrie sucrière des plus productives. Lorsque le Code noir est rédigé en 1685 les Portugais ont plus de 300 sucreries qui font leur fortune, car le sucre est à la base de la composition des confiseries et autres pâtisseries qui font fureur au Portugal chez les nobles et les bourgeois. Constatant ce nouveau filon, toutes les autres nations esclavagistes se mettent en tête d’imiter les Portugais avec plus ou moins de réussite. Les Espagnols ont, dès 1540, des sucreries à Saint-Domingue. Les Anglais arriveront plus tard.

De leur côté, les Français de Martinique, très en retard dans ce domaine, peinent à maîtriser la fabrication de l’or blanc. Selon l’historien Armand Nicolas, « à la Martinique, avant 1654, tous les efforts ont abouti à l’échec et aucune sucrerie ne fonctionne. On obtient qu’une sorte de bouillie noirâtre. Il faudra l’arrivée en Martinique en 1654 des Hollandais ( juifs surtout ), chassés du Brésil par les Portugais, pour qu’ils apportent le secret de fabrication et de raffinage du sucre ainsi que les moules où le sucre se cristallise. Ils sont accompagnés d’esclaves noirs qui sont déjà expérimentés dans ce domaine » [1]

En 1496, les Juifs du Portugal sont chassés du pays et lorsque l’Inquisition s’intensifie ils fuient en nombre vers les colonies de l’Empire. Dans son livre « Au temps des îsles » [2] , Christian Bouyer, professeur agrégé d’histoire-géographie et docteur en Études européennes, nous avise sur l’arrivée de ces Juifs dans les colonies américaines suite à l’intolérance religieuse qui se propage dans la péninsule ibérique :

« (...) les départs [des Juifs] vers les colonies s’amplifient vers Madère et les Açores, où le sucre est cultivé. Surtout, ils sont aidés depuis le décret de 1516 du roi Manuel pour émigrer au Brésil et s’y consacrer à la production du sucre. L’État les aide à s’installer, à créer des plantations et produire avec des techniques efficaces. Ils vont devenir ’’ les agents les plus actifs dans la conquête du marché du sucre au Brésil durant le premier centenaire de la colonisation’’ . Dans la Province de Pernambouc, ils représentent près de la moitié de la population sous l’autorité bienveillante des Hollandais après 1630. Lorsqu’en 1654, les Portugais occupent la province, les Juifs sont expulsés en même temps que les Hollandais et se dirigent vers la Guyane et les Antilles [...] L’essor de la canne à sucre est amorcé. En fait, les juifs brésiliens sont davantage des négociants que des planteurs. Ils connaissent parfaitement les rouages de ce commerce et possèdent aussi les techniques les plus modernes. Devenus partie prenante dans la culture de la canne, ils vont se placer en position de contrôle de la production »

Chassés du Brésil après la reconquête d’une partie de la colonie sur les Hollandais, les Juifs, dont un grand nombre sont des financiers de l’industrie sucrière, embarquent sur des navires en direction des colonies françaises avec leurs esclaves noirs.

C’est ainsi qu’en arrivant en Martinique, ils font face à l’intolérance des Jésuites qui exigent du gouverneur de la Martinique, M. du Parquet, qu’il les refoule. Rejetés, ils iront proposer leur service à la Guadeloupe, où le gouverneur Charles Houël les accueille à bras ouverts. Deux autres navires de Juifs portugais et d’Hollandais suivront par la suite et demanderont refuge dans la colonie. Face à l’intégration des Juifs de Guadeloupe et aux bénéfices que les Français peuvent tirer du savoir-faire des Portugais, M. du Parquet accepte d’accueillir les immigrants brésiliens en Martinique malgré la colère des religieux.«  Peu de temps après, un grand navire arriva [du Brésil], rempli de Juifs, le tout faisant 300 » [3] .

Des terres près de Fort-de-France leur seront attribuées et l’un d’eux, Benjamin da Costa sera l’un des premiers à faire fortune dans le sucre.

En 15 ans, la Martinique devient un respectable producteur de sucre de canne grâce au savoir-faire apporté par ces nouveaux arrivants. C’est le «  triomphe de la canne [qui] fut à l’origine d’une véritable révolution économique et sociale » ( Armand Nicolas. p. 74). La culture de canne est très gourmande en superficie de terres cultivables et la rapacité des colons français se voit justifier par la réalité des faits : 117 sucreries sont construites en 15 ans et la Martinique annonce un revenu annuel de 10 millions de livres. La folie du sucre s’empare totalement des colons qui rêvent de faire fortune.

Mais la Martinique n’est pas intégralement entre les mains des Français car une partie de l’île est « occupée » par les « sauvages » - c’est ainsi que les Français appellent les Indiens Caraïbes. En 1658, les Français lanceront un raid-surprise afin de massacrer les Caraïbes et prendre possession de l’entièreté de l’île. Femmes, hommes et enfants sont décimés. Les quelques survivants s’enfuient dans les îles voisines rejoindre leurs cousins Caraïbes. La Martinique ethniquement nettoyée, le révérend Père Boulogne, de l’Ordre des Dominicains, plantera les armes et les Croix du roi pour entériner définitivement la possession d’une nouvelle terre au nom du roi et au détriment des « païens sauvages ».

La référence aux Juifs dans le premier article du Code noir n’est donc pas inopinée.

Elle n’est que le fruit de l’intolérance religieuse à l’égard des Juifs ainsi que de la jalousie des Français face à la foudroyante réussite des Sépharades dans l’industrie sucrière alors qu’ils sont arrivés bien après les colons. C’est cette jalousie qui ordonne, dès le premier article du Code noir, leur mention afin de réserver le filon rentable de la traite des Noirs et de l’esclavage aux seuls Catholiques français.

Aussi l’on ne peut être que terrifié de lire sous la plume de Laurent Lemire une énormité comme « il s’agit là d’une élucubration sans réalité historique » à propos de la présence de Juifs. Non seulement cela est faux mais le plus grave est que toutes ces informations sont données par le Père Révérend du Tertre dans le Tome 1 de « Histoire générale des Antilles Habitée par les Français », dans lequel les pages 460 à 463 évoquent l’arrivée de ces Sépharades dans les colonies françaises. Comment Laurent Lemire peut-il avoir le culot de prétendre que cela n’est qu’élucubration sans réalité historique ?

Cette affirmation n’est pas faite dans un cadre critiquant l’idée que c’étaient les Juifs qui contrôlaient TOUT le commerce esclavagiste, puisqu’il va de soi que c’est faux. Mais ils étaient présents en nombre, et affirmer le contraire est aussi grave que ce qui motive ce mensonge éhonté. [4] Surtout lorsqu’en plus un chantage perpétuel à l’antisémitisme est pratiqué.

Cette réalité n’est pas une thèse. Christian Bouyer [5] : «  Il y a d’abord le Code noir, qui souhaite mettre un terme à la présence des juifs sépharades. Dans son premier paragraphe, le Code indique : ’’ Enjoignons à tous nos officiers de chasser hors de nos îles tous les juifs qui y ont établi leur résidence, auxquels, comme ennemis déclarés du nom chrétien, nous commandons d’en sortir dans trois mois ’’ (...) »

Dès 1670, Colbert parle de l’exclusif, en d’autres termes, le commerce des colonies ne doit appartenir qu’aux seuls colons français qui commercent avec la métropole. Il faut arrêter l’hémorragie des colonies de peuplement d’étrangers pour s’inscrire dans une colonisation de production sucrière au bénéfice de la France.

C’est une consigne de Colbert que Pélissier, le directeur de la Compagnie des Indes Occidentales se fait fort d’appliquer. Le cas des étrangers étant réglé en deux ans, reste celui des Juifs...Et c’est le Code noir de Colbert qui s’en chargera en les chassant des îles françaises.

- Par Kahm Piankhy - © Kahm Piankhy Juin 2006

 

Par Angra-Mainyu
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Calendrier

Février 2010
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
             
<< < > >>

Concours

Recherche

Recommander

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés